Expos Maison Renaissance

Exposition murale René Couzinet à la Maison RenaissanceVoir l'image en grand

René-Couzinet : créateur d’avion

Un vendéen à la vocation précoce
Né le 20 juillet 1904, à Saint-Martin-des-Noyers d'un père instituteur, René-Couzinet passe toute sa jeunesse en Vendée (Saint-Martin-des-Noyers, Chantonnay, puis l'Aiguillon-sur-Mer).
Il se passionne très tôt pour l'aviation, étudiant le vol des oiseaux.
"Mon attention fut intriguée par les crochets, les montées et les descentes subites, les contorsions en avant et en arrière des hirondelles. Je découvris ainsi la courbe de sustentation" raconte-t-il.
C'est ainsi que naît sa vocation. En octobre 1921, il entre à l'Ecole Nationale Supérieure des Arts et Métiers d'Angers.
Dès l'année suivante, à 18 ans, il dépose plusieurs brevets relatifs à l'aviation. Sorti second de sa promotion en juillet 1924, il poursuit ses études à l'Ecole Supérieure d'Aéronautique puis est incorporé en novembre 1925 dans l'Armée de l'Air où il devient sous-lieutenant.

Un jeune inventeur

Le 8 mai 1927, Nungesser et Coli décollent du Bourget pour traverser l'Atlantique. On ne les reverra plus.
Treize jours plus tard, le 21 mai, au milieu d'une foule enthousiaste, l'officier de service René-Couzinet très impressionné accueille Lindbergh qui vient de réussir la traversée New York- Paris.
René-Couzinet a un projet d'avion commercial transatlantique, un trimoteur, très en avance pour son époque.
Son enthousiasme est communicatif et grâce à de nombreux appuis, il peut trois semaines plus tard commencer la construction de l'avion.

Vers le succès
Mars 1928 : L'Arc-en-Ciel est présenté à la presse. C'est un avion complètement nouveau, aussi bien par sa silhouette que par ses aspects techniques : monoplan à ailes épaisses, trimoteur (les moteurs étant accessibles et réparables en vol), il a un rayon d'action de 10 000 Km, peut voler à 260 Km/heure.
Malgré un refus d'autorisation de vol pour non conformité aux normes officielles (100 Kg/m3 au lieu de 50), les essais se déroulent parfaitement.
Pourtant en août, une manoeuvre trop risquée conduit à l'accident. Il faut reconstruire le prototype. Mais avec quels fonds ?
La Ville de Biarritz prend alors l'initiative de lancer une souscription, l'élan est donné, les soutiens affluent.

1929-1930 : période très créatrice pour René-Couzinet qui dépose brevet sur brevet.
En février 1930, à l'usine Letord de Meudon il construit trois trimoteurs postaux, l'Arc-en-Ciel et l'hydroglisseur.
Mais le 17 février le feu détruit tout.
Il faut, à nouveau tout recommencer, les soutiens se manifestent une fois de plus.
René-Couzinet s'installe sur l'île de la Jatte (Levallois-Perret) d'où il construit un Couzinet postal (type 20) puis le Biarritz qui sort d'usine le 6 Octobre 1931.

La Soucoupe volante

L'esprit créatif de René-Couzinet explore encore d'autres voies. Dès 1923 (il n'avait que 18 ans) il déposait un brevet concernant un projet "d'avion hélicoptère".

En 1955, il reprend l'idée et présente la maquette d'un "Aérodyne à ailes multiples" appareil étonnant qui permet à la fois le décollage vertical et le déplacement latéral.
René-Couzinet veut démontrer que cette formule est tout à fait fiable. Il construit donc un prototype. Mais il ne pourra mener ce nouveau projet à son terme.

Le 16 décembre 1956, épuisé par les difficultés qui s'accumulent, il disparaît.
Depuis mars 1953, il avait mis son établissement de La Roche-sur-Yon à la disposition de l'armée américaine dans le cadre de l'assistance aux armées alliées.

Trente ans plus tard, le 16 février 1983, le Conseil municipal de La Roche-sur-Yon décide de donner à son aérodrome des Ajoncs le nom de René-COUZINET.

L’étonnant hydroglisseur

De retour en France il construit plusieurs modèles. Ainsi l'hydroglisseur type 60 mû par un petit réacteur Turbomeca présenté au salon de l'aviation en 1951. C'est le premier bateau à réaction construit en France.
Pourtant, malgré toutes ces innovations, les difficultés persistent. Il n'y a pas de commandes pour les hydroglisseurs.


Maquette hydroglisseur René Couzinet

Maquette aérodyne René Couzinet

René-Couzinet : L'arc-en-ciel

Portrait René Couzinet

" Volant 18 jours et totalisant 134 heures 45 de vol, notre trimoteur Couzinet avait accompli 24 000 Km à une moyenne de 185 Km/heure. Il avait fait 21 atterrissages et, en tout et pour tout, à part le changement d'hélices, une bougie avait été remplacée à Brisbane.
Si je rappelle que cet appareil prototype n'avait, au moment du départ de Paris, que 27 heures de vol à son actif, je crois que je ne serai pas taxé d'exagération en déclarant que le Couzinet est le seul appareil au monde ayant réalisé pareille performance". (De Verneilh).
Au début de 1932, le troisième ARC-EN-CIEL sort d'usine. Une fois encore beaucoup d'innovations : 30 mètres d'envergure, trois moteurs de 650 CV chacun, un rayon d'action de 11 000 Km, vitesse maximum : 285 Km/heure. L'avion intéresse l'Aéropostale pour l'Atlantique Sud. La concurrence est rude alors pour assurer la traversée régulière.
En Amérique du Sud d'une part, entre Le Sénégal et l'Europe d'autre part, des réseaux aériens sont constitués. Mais pour traverser l'Atlantique Sud on doit encore utiliser le bateau. Quel moyen choisir pour mettre en place une liaison aérienne : le dirigeable ? l'hydravion ? l'avion ? L'Aéropostale est séduite par les innovations de Couzinet.
Elle lui fait rencontrer Mermoz. Les deux hommes sont habités de la même passion et deviennent aussitôt amis.
"Ces deux hommes avaient le même idéal, le même désintéressement, la même pureté, la même passion sacrée. Ils se complétaient pour une grande tâche. Contre la paresse des bureaux, les combinaisons d'antichambre, contre la cupidité, l'envie et la peur, ils formèrent attelage. Ce n'était pas trop de leurs deux génies conjugués. Sans Couzinet, Mermoz eut erré longtemps dans les défilés du désespoir. Sans Mermoz, Couzinet n'eût pas vu l'Arc-en-Ciel triompher".
(Joseph Kessel : Mermoz, Gallimard, 1938).

Avion René CouzinetMais il faut, pour convaincre définitivement l'Aéropostale, effectuer un voyage de démonstration, relier Paris à Buenos-Aires. Malgré les obstacles et les difficultés créées par les services officiels, l'Arc-en-Ciel décolle du Bourget le 7 janvier 1933 : direction Istres puis l'Afrique et le Brésil. Sept personnes sont à bord. En plus de Couzinet : Mermoz (pilote), Carretier (copilote), Mailloux (navigateur), Manuel (radio), Jousse et Mariault (mécaniciens).
Escale à Port-Etienne (Mauritanie) puis à Saint-Louis du Sénégal. Et c'est la traversée de l'Atlantique. Entre Saint-Louis et Natal au Bresil : 3 173 Km parcourus en 14 h 32 de vol à 227 Km/heure de moyenne. A Natal, puis Rio, Buenos-Aires, Montevideo, l'accueil est triomphal. Les télégrammes de félicitations affluent, la presse salue l'événement. Réceptions, fêtes, banquets. C'est un exploit : Le Bourget/Buenos-Aires soit 13 045 Km parcourus en 57 h 56 minutes de vol, moyenne horaire 225 Km.

"Environ 1000 Km avant Dakar une fuite d'eau est décelée. Celle-ci s'aggrave rapidement, il faut stopper un moteur, l'avion descend, les températures de l'eau et de l'huile dépassent nettement la cote d'alerte. Il fait 45° à l'interieur de l'avion, l'eau atteint 92° et l'huile 97°. Tous les navires sont en état d'alerte, les radios veillent, prêts à aider l'Arc-en-Ciel. L'angoisse règne. Vont-ils arriver ? Mermoz et l'équipage utilisent tous les moyens disponibles et à 20 h 10 l'Arc-en-Ciel se pose enfin a Dakar. Soulagement et joie de la population qui a suivi, avec anxiété, les dernières heures de vol. Le 21 mai, l'arrivée au Bourget est triomphale, 15 000 personnes acclament Mermoz, Couzinet et tout l'equipage. L'Arc-en-Ciel est le premier avion à avoir réussi la double traversée de l'Atlantique Sud. C'est une victoire pleine de promesses pour l'aviation francaise."

Pourtant il faut vite déchanter. L'Aéropostale, en butte à de nombreuses hostilités, est mise en liquidation puis absorbée par la nouvelle compagnie nationale : Air France. L'Arc-en-Ciel a beau effectuer avec succès plusieurs traversées de l'Atlantique-Sud en 1934, aucune commande officielle ne se concrétise malgré les promesses. Depuis des années, écrit un journal de l'époque, on couvre de fleurs René-Couzinet, on le porte aux nues dans les discours officiels, et, systématiquement on le torpille chaque fois qu'une commande doit lui être passée.
Et fin 1934, l'usine doit fermer ses portes faute de travail.

René-Couzinet pourtant ne se décourage pas, il prépare toujours de nouveaux projets comme celui du Guanabara. Dans un hangar aménagé au Bourget, il travaille dans des conditions difficiles, avec le soutien constant de Mermoz. Mais celui-ci disparaît avec La Croix du Sud le 7 décembre 1936.
Couzinet crée alors une nouvelle société : la TRANSOCEANIC. En 1937, il construit un bimoteur : le Couzinet 10. En même temps, il se lance dans l'entretien et les réparations d'appareils militaires, et le 1er octobre 1938, il obtient l'accord du ministère de la défense nationale pour installer une partie de ses ateliers près du terrain d'aviation en construction de La Roche-sur-Yon. Dans l'usine achevée en décembre 1939, on répare des "Potez 540", des "Caudron Goéland", et on prépare la construction d'avions de chasse "Arsenal VG 90".

A la fin de 1939, on travaille également un prototype dans le garage Citroën de la place Napoléon. Au début de 1939 le constructeur reçoit une commande officielle pour un "Couzinet B 4" (quadrimoteur de bombardement) qui pourra atteindre 510 Km/heure.
Puis la guerre est déclarée. Comme les commandes s'accélèrent, Couzinet envisage une nouvelle implantation dans l'ile de Noirmoutier. Mais tout cela vient trop tard. Après l'offensive allemande, les entreprises Couzinet se replient vers le sud. Et le 20 septembre 1940, René-Couzinet gagne le Brésil. Directeur de la Fabrique Nationale d'Avions du Brésil, il s'engage en septembre 1943 dans les Forces Françaises Libres. 1944, retour en France.
Malgré les difficultés administratives (pour récupérer l'usine de Levallois-Perret occupée par les allemands, réparer les ateliers de La Roche-sur-Yon en partie détruits par deux bombes en juin 1944), René-Couzinet reste toujours aussi inventif.
Il crée des avions transatlantiques (un quadrimoteur postal par exemple), des hydravions, mais aussi des avions de tourisme (biplace, quadriplace...). Mais il s'investit alors surtout dans les hydroglisseurs.


Renseignements

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Rue Jean-Jaurès
85000 La Roche-sur-Yon
Tél : 02 51 47 48 35
Fax : 02 51 47 45 99
musee@larochesuryon.fr

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    • du lundi au vendredi de 10 h 30 à 12 h 30 et de 14 h 30 à 18 h
    • le samedi de 14 h 30 à 18 h
  • À partir du 30 août :
    • du mardi au samedi de 13h à 18h.
    • ouverture exceptionnelle le dimanche 18 septembre de 14 h à 18 h dans le cadre des Journées européennes du patrimoine.

HÔTEL DE VILLE

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85 021 LA ROCHE-SUR-YON

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